Mon coeur est ailleurs

Par l’inévitable hasard ou destin, à six ans, je suis restée marquée par un crime sans châtiment. Je souffrirai tout au long de ma vie de l'absence du seul rempart qui se dressait pour me protéger.

Dans le silence de la nuit et celui de nos cris, à neuf ans, j’assisterai à nouveau à la scène du bourreau et de sa victime. « A cause de l'angle de vue et de la lumière blafarde, je les voyais à peine. C'est un de mes sens qui m'indiqua le moment précis où nous avons basculé tous ensemble de l'autre côté des limites qui pourtant s'imposent à l'Homme… »

Contrainte à l’ignominie, accepter ou périr ? J’épouserai la vie.

A l'époque, l'horreur du drame rendu public a ému une bonne partie de mon pays.

Lorsqu’enfin je sortirai des profondeurs de ma jungle pour rejoindre la « civilisation », je connaîtrai d’autres traumatismes et humiliations qui briseront tout autant  mon corps et mon âme. 

Ni le temps, ni les autres miracles, ne parviendront à effacer de ma mémoire l'horreur de mes blessures béantes pour me permettre de me réconcilier avec mon être. 

Seule mon étoile m’offrira la clé qui ouvrira les portes de mon cœur scellées depuis l’enfance par un sceau de sang.